– 1 –
Le monde recule !!
Il recule !!
Traînant les jours par un cheveu,
Les faisant s’écrouler,
Marchant sur leurs pages blanches,
Et se cachant, tel un aveugle perdu.
– 2 –
Ni les mères ne serrent leurs bébés dans leurs bras,
Ni les pères ne travaillent, ni ne ramassent.
Et l’enfant qui déteste son école,
Son cartable…
Voit la poussière faire des vagues !
– 3 –
Ce gouverneur, monté sur le trône,
Nous impressionna par ses promesses :
– Je ferai de mon pays un conte,
Je couvrirai le besoin d’un drap blanc,
Je mettrai du pain dans la bouche des gens…
Il trahit son pays,
Trahit son peuple,
Qui s'est épuisé
Et laissa sa terre sans jamais
Lui montrer ce qu’il avait promis.
– 4 –
Les auteurs, dont les lettres
Auraient dû éclairer les ténèbres du jour,
Ont vendu leurs lettres au noir.
Ils ne craignaient pas la malédiction
Des générations futures, surgissant de l’Histoire,
Privée de toute générosité.
– 5 –
.. Et Le serviteur de l’autel,
Qui décida d'entrer au paradis
Souilla ses mains du sang de l’argent,
Souilla son esprit de la luxure de son corps.
De sa bouche sortaient des serpents,
Éclaboussant de poison les coupes des assoiffés,
Qui s’abreuvaient à l’eau de ses paroles.
– 6 –
Les fleurs, qui aimaient leur prairie,
Se recouvrirent de sa terre.
Elles commencèrent à croître et à se propager,
Haïrent leur propre prairie,
Et détestèrent son herbe.
– 7 –
Et la mer qui, depuis la création du Verbe,
Laissant ses poissons aller et venir à leur guise,
Dans son eau verdâtre et frémissante,
Et sur les montagnes de vagues libres…
Commença à les exposer sur la plage,
Pour les vendre au premier pêcheur,
Pendant des mensonges à son hameçon.
– 8 –
Le monde recule,
Et nous effaçons ses routes.
Nous applaudissons quand il tombe.
La goutte qui nous fait souffrir
Nous fait nous frotter les mains… et pleurer,
Ne sachant même pas comment l’insulter !
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